Florence Henri la méconnue

Florence Henri, Autoportrait, 1938

Florence Henri, Autoportrait, 1938

en espagnol

De Florence Henri, exposée au Jeu de Paume (jusqu’au 17 mai), on ne connait souvent que quelques images emblématiques. Peut-être est-ce parce qu’elle ne fut photographe qu’une dizaine d’années, entre 1928 et 1938, et que la musique, la peinture, le textile l’occupèrent aussi, même si ces productions-là ne sont pas entrées dans l’histoire; peut-être est-ce parce qu’elle fut oubliée longtemps et redécouverte peu avant sa mort à 89 ans en 1982 par deux galeristes italiens (qui recueillirent ses confidences et dont le survivant signe la biographie du catalogue).

Florence Henri, Fenêtre, 1929

Florence Henri, Fenêtre, 1929

Florence Henri, Composition, 1928

Florence Henri, Composition, 1928

Je la connaissais surtout pour la pureté de ses compositions géométriques quasi abstraites, jeux de reflets et d’incertitudes entre dedans et dehors, où parfois surgit son visage de garçonne aux traits un peu rudes.

Florence Henri, Structure intérieure du Palais de l'Air (Exposition Universelle), 1937

Florence Henri, Structure intérieure du Palais de l’Air (Exposition Universelle), 1937

Florence Henri, Rome, 1933 1934

Florence Henri, Rome, 1933 1934

J’ai découvert ici ses paysages composés, géométries de charpentes, reflets dans des vitrines ou collages ‘métaphysiques’ de ruines romaines.

Florence Henri, Portrait Composition, vers 1930

Florence Henri, Portrait Composition, vers 1930*

Florence Henri, Portrait Composition (Cora), 1931

Florence Henri, Portrait Composition (Cora), 1931

J’ai surtout découvert ses portraits, non point tant ceux d’hommes illustres, mais surtout ceux de femmes inconnues, qui parfois lui ressemblent un peu, et qui furent amies ou amantes. De la matière pour les gender studies.

Florence Henri, Femme au bord de mer, 1933

Florence Henri, Femme au bord de mer, 1933

J’apprends qu’elle fournissait en photos de nus féminins les revues érotiques Paris Magazine et Paris Sex Appeal. Et si certains de ses nus semblent un peu ingrats, d’autres sont empreints d’une aimable sensualité classique, comme cette femme aux jacinthes.

Florence Henri, Nu (Femme aux jacinthes), 1930

Florence Henri, Nu (Femme aux jacinthes), 1930

Un travail qui peut laisser indifférent le spectateur contemporain, mais qui frappe surtout par son formalisme et sa composition (comme l’article d’Elisabeth Lebovici le montre fort bien), quelque part entre le froid classicisme de Laure Albin-Guillot (encore que…) et la modernité sulfureuse de Claude Cahun (encore que…), pour la situer par rapport à deux autres femmes photographes récemment exposées au Jeu de Paume.

*La photographie présentée dans l’exposition de cette femme à la peau grêlée est légèrement différente de celle montrée ici.

Toutes photos (c) Florence Henri / Galleria Martini  Ronchetti

Publicités