Et ce qui me reste à dire (Arles, fin)

en espagnol

Un peu en vrac, ce qui me reste à dire sur les Rencontres d’Arles et qui n’a pas trouvé sa place dans les billets précédents.

Christian Gattinoni, Deuxième génération : la mémoire contre tous les fascismes, vue d'exposition

Christian Gattinoni, Deuxième génération : la mémoire contre tous les fascismes, vue d’exposition

  • la sobre et émouvante exposition « La mémoire contre tous les fascismes » de Christian Gattinoni sur la déportation (son père Pierre, déporté à Mauthausen) et les leçons d’indignation à en tirer encore aujourd’hui face aux résurgences possibles (dans le cadre de Voies Off). Au son de la fameuse chanson de Jean Ferrat (que certains imbéciles osèrent accuser de négationnisme), des photos de son père, d’autres victimes, photos parfois froissées, fragiles, témoignant aussi de la lutte à mener aujourd’hui contre la disparition des images et contre l’oubli (à l’ancien collège Frédéric Mistral, Centre de la Déportation et de la Résistance, jusqu’au 2 août).
Man Ray, projet pour les Rolling Stones, Exile on Main Street, 1972

Man Ray, projet pour les Rolling Stones, Exile on Main Street, 1972

  • dans un registre totalement différent (mais ce sera le propre de ce billet décousu), la jouissive double exposition sur les pochettes de disque. Même si, au bout d’un moment, devant cette trop grande quantité de pièces exposées, on devient un peu distrait, un des charmes de l’exposition est que le nom du photographe est écrit sur le cartel en tout petits caractères, et que, excepté pour des images très connues, on s’amuse d’abord à deviner, et ensuite à tenter d’identifier la correspondance entre Man Ray et les Rolling Stones (un projet non réalisé), les Becher et Kraftwerk, Araki et Björk, ou Elliott Erwitt et Led Zeppelin…
John Lennon, album de John Lennon & Yoko Ono, Unfinished Music n°1, Two Virgins, 1968

John Lennon, album de John Lennon & Yoko Ono, Unfinished Music n°1, Two Virgins, 1968

Au passage, un peu de censure par les maisons de disque (la pochette américaine de Lennon/Ono Unfinished Music n°1 Two Virgins; photo de John Lennon) ou par le commissaire de l’exposition (L’homme au costume polyester de Mapplethorpe, illustrant un disque des Rolling Stones, est présenté ici sous un rideau noir qu’il faut soulever). Et aussi la découverte du Polonais Wojciech Zamecznik illustrant des disques de musique classique avec des photographies abstraites très créatives.

Olivier Cablat, Duck, une théorie de l'évolution

Olivier Cablat, Duck, une théorie de l’évolution

  • Autour de l’architecture, la documentation photographique sur Vegas de Venturi et Scott Brown, mais présentée ici comme simple illustration déconnectée du discours architectural des auteurs, et la paraphrase amusante qu’en fait Olivier Cablat, toujours à la recherche d’improbables archives mémorielles : il a reconstruit ici une maison-canard de Long Island à partir de sa photographie sous différents angles (et on peut entrer dedans, comme le Sphinx !). Plus loin, les objets à vendre sur Le Bon Coin et leurs histoires, par Thierry Bouët : anecdotes distrayantes, mais sans la densité du travail sur un sujet similaire d’Allessandra Spranzi, par exemple.
Collection Jean-Marie Donat, TeddyBär

Collection Jean-Marie Donat, TeddyBär

  • l’impressionnante collection spirite et magicienne de Tony Oursler : livre superbe, mais film décevant. Et les collections d’étrangetés vernaculaires de Jean-Marie Donat : ombres portées menaçantes du photographe, visages noircis et ours en peluche à taille humaine : même si ma photo est floue, regardez cette charmante jeune fille blonde à tresses avec son adorable ours blanc, et regardez bien l’insigne sur son maillot. L’ours n’est jamais anodin…
Collection Brad Feuerhelm, Supravision, vue d'exposition (vitrine)

Collection Brad Feuerhelm, Supravision, vue d’exposition (vitrine)

  • dans l’espace Cosmos, la collection de Brad Feuerhelm de portraits d’aveugles : comment photographier quelqu’un dont les yeux sont morts ? Un sujet qui m’intéresse beaucoup.

  • l’initiative du boudoir 2.0 (c’est fini) qui montrait des photos, mais surtout organisait des discussions animées et passionnantes. En espérant les revoir l’an prochain.

  • la beauté apaisante de la splendide installation de Janet Cardiff, pour se ressourcer après l’épuisement des visites aux Ateliers : je l’avais découverte il y a huit ans, et je suis toujours aussi captivé.

  • les dessins de van Gogh à la Fondation (mais ce sera pour un autre billet).

  • et pour finir (in cauda venenum), un (petit) carton jaune à la brochure de la Fondation Luma présentant le chantier, qui contient (dans le texte en français) une faute d’orthographe ou une erreur à chaque page ou presque (« les archives qu’il a collectionné », »au grès de », « le 11 septembre 2011 », « se sera un bâtiment » ). Bon, on leur pardonne, c’est un très beau projet qu’on est impatient de voir ! À l’année prochaine…

Photos de l’auteur, excepté Man Ray.

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2 réflexions sur “Et ce qui me reste à dire (Arles, fin)

  1. plume dit :

    Et enfin un changement de direction artistique pour ce qui concerne le catalogue d’exposition. Ce coté « cube » des années précédentes n’était pas désagréable, mais pour l’intérieur… Pas clair, un temps fou à s’y repérer, des vignettes, et la multiplicité des gens à présenter dedans ne devais pas aider.
    Pour ma part, plus jamais Arles en juillet, les ateliers, immenses, sont une fournaise, et après une journée, un calvaire. Nous n’avons pas tous la possibilité de prendre trois jours pour faire les expositions, et pour cela merci de donner des pistes.

    [une suggestion pour l’an prochain serait de proposer des parcours types pour une journée, selon les types et intérêts des visiteurs, pour ceux qui ne peuvent y consacrer qu’un seul jour]

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