Le dehors et le dedans : Eva Jospin au Louvre

Eva Jospin, Panorama

Eva Jospin, Panorama

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Ce qui frappe d’abord dans l’installation d’Eva Jospin dans la Cour Carrée du Louvre (jusqu’au 28 août) est avant tout la manière dont il est présenté. Avant de découvrir ses hauts-reliefs, on est d’abord confronté à une succession d’enceintes concentriques par laquelle il faut passer avant d’accéder au centre : les bâtiments classiques de la Cour Carrée, puis une vasque circulaire de pierre où croupit une eau verdâtre, puis, inscrit dans cette vasque, un pavillon décagonal dont les parois reflètent les façades du Louvre, écho et miroir (de manière certainement pas innocente, la pyramide, cette autre structure greffée, ne se voit pas, du fait de l’angle obtus dans sa direction).

Eva Jospin, Panorama

Eva Jospin, Panorama

Ensuite un couloir sombre qui s’enroule à l’intérieur du pavillon, menant par une porte ogivale à une plateforme d’observation cernée d’un garde-fou, d’où l’on peut alors découvrir la paroi panoramique qui est l’oeuvre elle-même : une sculpture murale de carton, une jungle d’arbres, de branches, de racines, faite de strates horizontales et d’élancements verticaux. On retrouve là l’obsession de Jospin pour la forêt, avec ses nombreuses installations précédentes en trompe-l’œil cinématographique.

Eva Jospin, Panorama

Eva Jospin, Panorama

Mais, face à cette répétition qui pourrait lasser, l’intérêt vient ici de l’imbrication dans l’espace. Bien sûr, le discours historique (Louvre oblige) met l’accent sur l’inscription de ce travail dans l’histoire du panorama (avec un clin d’œil à Daguerre, peut-être, dans cette chambre noire). J’y vois aussi un lointain écho aux deux maisons de Michal Rovner dans la cour voisine, et j’aime beaucoup cette analogie courbetto-duchampienne.

Eva Jospin, Panorama

Eva Jospin, Panorama

Mais surtout, cette imbrication, cette progression d’un espace à un autre me semble être une invite vers un espace réservé, sacré, un Saint des saints. Tout ici se joue sur la progression et les contrastes : de l’extérieur vers l’intérieur, du ciel vers la grotte, de la lumière vers l’obscurité, du minéral vers le végétal, de la réflexion vers l’absorption, de l’ouverture vers l’enfermement, du monumental vers l’intime, du lisse et poli vers le tactile et le râpeux, de la culture vers la nature. Et c’est, à mes yeux, l’intérêt principal de ce travail.

Ajout quelques jours plus tard : la différence entre Eva Jospin dans la Cour Carrée et JR sur la Pyramide, c’est la différence entre l’art et le marketing, entre l’artiste et le saltimbanque.

Photos 1 & 2 courtesy noirmontartproduction. Photos 3 & 4 de l’auteur.

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