Passé colonial et Prix Photo Novo Banco

Mónica de Miranda, Field Works, 2016

Mónica de Miranda, Field Works, 2016

en espagnol

Comme chaque année, le Centre culturel de Belem (Musée Berardo) présente les trois finalistes du Prix de Photographie Novo Banco, dont le lauréat sera annoncé fin juin, l’exposition durant jusqu’au 2 octobre. L’édition de cette année est honorable, sans plus. Les finalistes s’intéressent tous les trois au passé colonial du Portugal, que ce soit le Cap Vert ou le Mozambique, et ce sont des travaux certes intéressants, mais manquant quelque peu de souffle et d’originalité.

Pauliana Valente Pimentel, Quel Pedra, 2016

Pauliana Valente Pimentel, Quel Pedra, 2016

Pauliana Valente Pimentel, qui sait fort bien rendre compte d’ambiances communautaires, documente ici une communauté marginale de travestis cap-verdiens : elle joue sur l’ambiguïté des genres, dans une approche empathique pour ses sujets. Mais ni la scénographie très obscure, ni le côté très convenu du sujet ne parviennent à convaincre.

Félix Mula, Idas e Voltas, 2016

Félix Mula, Idas e Voltas, 2016

Felix Mula revisite des bâtiments abandonnés dans de petits villages mozambicains, souvenirs de son enfance, de sa famille : c’est un travail de mémoire très personnel, avec de belles photographies sombres, mais là aussi, on attendrait davantage d’énergie, de puissance, d’originalité. Et on se passerait du gadget des grains de poivre rouge alignés en dessous des photos.

Mónica de Miranda, Field Works, 2016, vue d'exposition

Mónica de Miranda, Field Works, 2016, vue d’exposition

Monica de Miranda a fait, à mon sens le travail le plus intéressant, tant dans sa substance que dans sa présentation. Là aussi, il est question d’archives, de métissage, d’entre-deux. Des photos anciennes répondent à celles de l’artiste, dans une approche plus poétique que documentaire : des images de plantes, deux petites filles habitant les paysages. Et surtout la fragmentation des images fait écho à la dispersion de la mémoire, les photographies se répondent, et la présentation dans son ensemble fait sens, avec présentoirs en bois, arbres en pots et parcours à rebondissements visuels. Et c’est plutôt pour elle que je voterais.

Photos 1, 2 & 3 courtesy des artistes et du Musée Berardo. Photo 4 de l’auteur.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s