Mes prix Citron (Arles 4)

en espagnol

Etais-je particulièrement de mauvaise humeur cette semaine là ? Ou bien cette édition des Rencontres d’Arles a-t-elle été particulièrement riche en irritations ? Toujours est-il que j’ai choisi de décerner quelques prix assez acides.

Bertolt Brecht, Kriegsfibel

 

Le Prix Mère Courage est décerné au jury du Prix du livre photo-texte (leurs noms sont là) pour avoir distingué un jeune inconnu, un certain Bertolt Brecht, qui a eu l’idée originale de composer un livre avec des photos de guerre et des petits poèmes. Attendez, on me dit dans l’oreillette que des photos couleur avaient été malencontreusement glissées dans ce livre; il est heureux que les jurés ne se soient pas laissés distraire par cette perturbation (on me dit aussi que ce livre n’aurait jamais dû être sélectionné car il n’a pas été édité l’année dernière, mais qu’il s’agit d’une réédition; c’est une autre question). Pas très sérieux, tout ça.

Le Prix Simone de Beauvoir est décerné à l’exposition Hope, à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz, commissariat Nicolas Havette, avec des photographies de Manuel Rivera-Ortiz et de Nicolas Havette (et quelques autres) pour l’élégance particulière avec laquelle ils ont répondu à Marie Docher qui, à son habitude, questionnait l’absence de femmes parmi les artistes exposés là (un sujet récurrent à Arles).

Le Prix du Palais de la Découverte, section infantile est décerné au travail de réalité virtuelle sur la culture du maïs de Julien Creuzet. La réalité virtuelle, c’est mieux quand on a quelque chose à dire, sinon, c’est juste de la poudre aux yeux.

Le Prix « Edward Said » de l’orientalisme est décerné à l’approche folklorisante avec laquelle Cristina de Middel et Bruno Morais ont abordé la culture du candomblé. On est très très très loin de Pierre Verger.

Le Prix « Franz Fanon » du colonialisme est décerné à l’exposition sur Auroville, utopie coloniale blanche au milieu des Indiens (mais au moins un des colons sait parler le Tamil, nous dit-on). Le manque d’esprit critique politique des deux photographes est patent, seule les intéresse la beauté utopique.

Pasha Rafiy, Police des frontières, Jérusalem, 2015

Le Prix de la pertinence politique  « axe du bien » est décerné à Pasha Rafiy qui, n’ayant pu photographier Trump, s’est rabattu sur des bien sympathiques soldates israéliennes de la police des frontières, tout sourire; l’une d’entre elles regarde amoureusement son Uzi. On sent que les frontières sont bien gardées avec cette armée la plus morale du monde …

Le Prix « Yayoi Kusama » du fair play est décerné à Pipilotti Rist pour son plagiat new age.

Et enfin la mention spéciale Finkielkraut « Taisez-vous ! » va au responsable de l’espace Cosmos (ce n’est pas Olivier Cablat) qui a refusé d’annoncer au haut-parleur collectif la tenue d’un entretien programmé entre Miriam Rosen et Taysir Batniji.

Voilà. Demain je serai de meilleure humeur…

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