Ypiranga, la rivière rouge

Ypiranga, Caxinguele, vers 1995, sculpture fer

en espagnol

Le sculpteur brésilien Ypiranga (son nom signifie la rivière rouge en tupi) fait l’objet d’une rétrospective dans ce musée de Recife (où on a la surprise d’être accueilli par le Zouave du Pont de l’Alma en bronze ainsi que par un Grenadier du même Diebolt, tirages en bronze arrivés ici on ne sait comment). Et à cette occasion un livre très complet a été édité sur son travail. Peintre, graveur, adepte de l’art-photocopie et de l’art postal, il est surtout connu pour ses sculptures. Âgé de 82 ans, il a profondément marqué l’art contemporain du Nordeste.

Ypiranga, Iemanja, 2001, sculpture fer

Ses sculptures sont des grands assemblages de métal récupéré ici et là, outils, poulies, ferrailles; une pièce emblématique faite de morceaux de coccinelle Volkswagen, exposée dans l’espace public, a été volée par des ferrailleurs. Ses pièces immobiles semblent sur le point de se mettre en mouvement, et parfois, le vent ou un visiteur audacieux va y parvenir. Ypiranga détourne l’objet utilitaire pour en faire une oeuvre d’art, et de plus il transborde ce détournement de son côté de l’Atlantique : lui qui vécut longtemps en Allemagne en a gardé une certaine tradition esthétique, laquelle peut aussi évoquer César ou Tinguely, mais il la « cannibalise », il la remet dans la culture de son pays. Le candomblé en particulier inspire son travail, et beaucoup de ses sculptures en représentent des divinités, les orixas (ci-dessus Iemanja). Tout en haut, un Caxinguele, un écureuil, où la roue introduit une dimension duchampienne.

Ypiranga, xylogravure

En gravure, il pratique beaucoup la xylogravure, bien dans la tradition du Nordeste, mais en y introduisant des motifs stylisés aux traits denses et serrés. Avec des sujets souvent végétaux ou animaliers, il explore les limites de l’abstraction.

Ypiranga, Mélodie paysage, quasi 05, 2001, 105x105cm

Dans ses peintures, davantage que ses portraits et paysages, j’aime ces compositions faites à la peinture automobile sur une plaque de bois : leur simplicité, leur rytme tout musical (est-ce une partition ? des cordes de guitare ?) créent une harmonie visuelle que leurs teintes dorées, inhabituelles dans son travail, rendent précieuse.

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