Périples parisiens tala : petit bilan

en espagnol

J’ai fait ces dix visites d’églises parisiennes pour satisfaire ma scopophilie alors que les musées étaient fermés. Plutôt qu’à l’architecture des églises, domaine dans lequel je suis peu compétent et ne vous dirais que des banalités, je me suis intéressé aux oeuvres d’art, surtout des peintures, quelques sculptures et des vitraux. Et j’ai fait quelques belles découvertes, en espérant avoir donné à des lecteurs l’envie de suivre mes périples.

Mais je n’ai pas tout vu, très loin de là. Vous pouvez aussi aller à Saint-Eustache pour la Vie du Christ de Keith Haring et d’autres oeuvres contemporaines, à Sainte-Marguerite pour le Massacre des Innocents de Pacecco de Rosa, à Saint-Pierre-de-Montmartre pour la Déploration d’un élève de Ribera, ou, plus difficile car rarement accessible, à la Chapelle de l’Infirmerie Marie-Thérèse pour la très belle Sainte Thérèse du Baron Gérard, et bien d’autres encore; et vous pouvez aussi sortir de Paris.

Premier constat : on n’est pas à Rome, Naples ou Venise. 95% des oeuvres d’art dans les églises sont de qualité médiocre, voire épouvantable, sans la moindre recherche artistique (et j’ai visité aussi quelques églises sur lesquelles je n’ai pas écrit, n’ayant RIEN à dire). D’ordinaire, sauf syndrome de pédanterie aiguë, on jette à peine un oeil sur cette abondance de bondieuseries, d’art sulpicien, principalement du XIXe, et on fait bien. Comme disait Huysmans, esthète raffiné, laissons les pourrir et s’éteindre dans l’humidité des chapelles. Hélas, tous ne sont pas d’accord, patrimoine inaliénable et sacro-saint, etc.

Deuxième constat : je n’ai vu que des oeuvres d’hommes, à cette exception près (seule à Paris l’église du Saint-Esprit, achevée en 1935, que je n’ai pas visitée, montre des oeuvres de plusieurs femmes artistes, des fresques de six femmes membres des Ateliers d’Art Sacré). Un double patriarcat, celui du monde de l’art et celui de l’Église, me direz-vous. Mais y a-t-il d’autres artistes femmes cachées ? Sans nul doute. Il existe bien des femmes peintres/artistes d’église en Italie, au Portugal, en Flandres, à Londres, mais il n’y en aurait pas à Paris ? Alors, les Guerilla Girls vont-elles se mobiliser pour cette noble cause ? Existera-t-il une Histoire mondiale des femmes dans l’art sacré, comme celle-ci ?

Ce furent des visites intéressantes, agréables, avec parfois de beaux échanges. Tirer parti de la pandémie pour sortir des chemins battus. Mais point trop n’en faut. Dix suffisent, pour l’instant.

Mes principales sources d’information : d’abord le Guide Bleu, ensuite cet excellent site, et aussi ce livre de Bertrand Dumas.

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