Sommaire de décembre 2020, et quelques livres

en espagnol

17 articles ce mois-ci, dont 11 sur des églises parisiennes

1er décembre : Cristina Ataide, en rouge et noir
3 décembre : Trois expositions à Lisbonne (Filipa Ventura, Catarina Marto & Raquel Pedro, et Elisa Pône)
6 décembre : Le régime israélien d’occupation, une archive photographique (1967-2007), Ariella Aïsha Azoulay
14 décembre : Le flipper situationniste (Jacqueline de Jong)
15 décembre : Christo et les faucons crécerelles (Cahiers d’Art)
16 décembre : Temps fantôme, temps gratuit (Raphaël Dallaporta)
17 décembre : Périples parisiens tala 1 : Saint-Denys-du-Saint-Sacrement (Delacroix)
18 décembre : Périples parisiens tala 2 : Saint-Paul-Saint-Louis (Delacroix)
19 décembre : Périples parisiens tala 3 : Saint-Sulpice (Delacroix)
20 décembre : Périples parisiens tala 4 : Saint-Germain-des-Prés (Restout et Heim)
21 décembre : Périples parisiens tala 5 : Saint-Germain-l’Auxerrois
22 décembre : Périples parisiens tala 6 : Saint-Gervais-Saint-Protais (Préault)
23 décembre : Périples parisiens tala 7 : Saint-Louis-en-l’Île (Lehmann)
24 décembre : Périples parisiens tala 8 : Saint-François-Xavier (Tintoret, Giordano, Gennari)
25 décembre : Périples parisiens tala 9 : Saint-Michel-des-Batignolles (Morgan Snell et Chicotot)
26 décembre : Périples parisiens tala 10 et dernier : Saint-Séverin (Bazaine, Brueghel, Schneider)
27 décembre : Périples parisiens tala : petit bilan

Quelques livres

Note déontologique : Comme je vois moins d’expositions, j’écris beaucoup sur des livres depuis quelques mois. Je souhaite donc expliciter les règles que je me suis fixées. J’écris systématiquement quelque chose sur les livres que j’ai sollicités auprès de l’éditeur (ou du diffuseur, ou du musée), parfois quelques lignes, parfois un article entier, selon mon intérêt et mon inspiration. J’écris presque toujours sur les livres qui m’ont été envoyés sans que je les ai sollicités, sauf s’ils ne m’intéressent vraiment pas du tout. Et, dans ces deux cas, je mentionne « reçu en service de presse ». J’écris aussi sur des livres que j’ai achetés moi-même, selon mes envies, y compris sur des livres que j’avais sollicités, mais que, craignant peut-être ma critique, on ne m’a pas envoyés, et que j’ai donc achetés (et, perfide, j’en indique alors le prix). Et, comme j’espère vous l’avez remarqué, ici par exemple, ce n’est pas parce que j’ai reçu un livre gracieusement que ça influence mon jugement.

Yves Klein, Les éléments et les couleurs, Paris, Arteos, 2020, 248 pages, plus de 120 reproductions en couleur d’oeuvres d’Yves Klein plus de nombreux documents en noir et blanc. Ouvrage accompagnant l’exposition éponyme (que je n’ai pas vue, mais je en suis pas le seul : je n’ai trouvé qu’une seule critique; jusqu’au 29 janvier) au Domaine des Etangs à Massignac (hôtel de luxe avec un espace d’exposition), commissaires Daniel Moquay et Philippe Siauve. Essai bilingue français anglais de Klaus Ottmann, notices de Ottmann sur certaines oeuvres. Ce n’est pas vraiment un catalogue de l’exposition, mais plutôt un ouvrage de référence sur Yves Klein, organisé en six parties : les quatre éléments alchimiques, feu, eau, terre et air (chacune avec les oeuvres se rattachant à un de ces éléments), plus l’immatériel (avec en particulier, les Zones de sensibilité picturale immatérielle), et un chapitre un peu bancal sur les couleurs (dont l’ex-voto de Santa Rita de Cascia), plus quelques images de réactivation de certaines de ses installations (et des vues du parc du château …). L’essai de Ottmann met l’accent sur la spiritualité de Klein, catholique et rosicrucien, utopiste sans être mystique, influencé par Fourier et par Bachelard; c’est plus une histoire intellectuelle de Klein (son précédent livre avait pour titre Yves Klein le philosophe) étayée par de nombreuses citations de l’artiste. Dans ce contexte, plus philosophique, on aurait pu souhaiter un peu plus de référence à l’alchimie et à la Rose-Croix, voire à la pensée des Archers de Saint Sébastien, mais c’est une démonstration intéressante et originale par rapport à la plupart des écrits plus classiques sur l’artiste, même si elle peut dérouter. Livre reçu en service de presse.

Manifesta 13 Marseille, Le Grand Puzzle, Berlin, Hatje Cantz, 2020, 336 pages (existe aussi en anglais). A l’occasion de Manifesta, le cabinet d’architecture hollandais MVRDV et l’université de Delft (The Why Factory), sous la direction de Winy Maas ont réalisé une étude urbanistique de Marseille. Marseille, ville française la plus ouverte sur le monde, ville rebelle, multiculturelle, créative, fière et accueillante à tous les exils. Après des entretiens de notables (préface de Jean-Claude Gaudin, c’était avant …), d’universitaires, de cultureux, mais aussi d’un agent d’entretien et de deux dirigeants de l’OM, le livre présente 35 cartes statistiques, comparant Marseille avec six autres villes portuaires européennes (Oslo, Copenhague, Rotterdam, Valence, Naples et Athènes; curieusement, pas Barcelone) : Marseille est n°1 en habitat insalubre, en vote d’extrême-droite, en nombre de quartiers fermés, en nombre de SDF, n°2 en homicides (après Athènes), n°3 en pauvreté, mais n°4 en nombre de mosquées et n°6 en proportion d’habitants étrangers (non citoyens), contrairement à bien des idées reçues. Enfin, une trentaine de propositions plus ou moins utopistes, comme un brumisateur géant devant la Major, un pont vers Alger (752 km) et un colosse à l’entrée du Vieux Port (pour remplacer le pont-transbordeur). Mais peu de choses pour améliorer la vie dans les Quartiers Nord … Livre reçu en service de presse.

Nino Migliori, Lumen, Cappella dei Pianeti e dello Zodiaco nel Tempio Malatestiano, San Severino Marche, Quinlan, 2017, 100 pages, 40 photographies noir et blanc. Nino Migliori, qui n’a que 94 ans, est un des plus grands photographes italiens contemporains, trop peu connu en France; son travail va du néoréalisme à l’expérimentation alchimique en passant par une réinterprétation du réel, dont les séries Lumen sont un exemple. Comment les contemporains voyaient-ils les sculptures et bas-reliefs au Moyen-Âge ou à la Renaissance, dans la pénombre des églises ? A la lueur des bougies. Et donc Migliori, éclairé à la bougie, a photographié les lions de la Cathédrale de Modène, la lamentation sur le corps du Christ de Bologne, le Christ voilé de Naples, le Tombeau d’Ilaria à Lucques, le Baptistère de Parme et, ici, la Chapelle des Planètes et du Zodiaque du Temple Malatesta à Rimini, avec les bas-reliefs d’Agostino di Duccio montrant les 12 symboles zodiacaux, mais aussi sept dieux et déesses antiques pour les planètes (ce que Pie II n’apprécia guère : « moins une église chrétienne que le temple d’infidèles adorant le démon »). Les très belles photographies en gros plan, remarquablement imprimées sur fond noir, jouent avec la matière du bas-relief et la fragilité de la lumière. Textes en italien de Moreno Neri et de Roberto Maggiori, commissaire de l’exposition à Rimini en 2017/18. Livre reçu en service de presse.

Plusieurs livres de photographie de cette même maison d’édition italienne Quinlan: Fabio Torre sur le fameux Hotel Chelsea à New York (en anglais et italien); A Macchia do Leopardo de Renato Gasperini (avec un beau texte de Sabrina Ragucci sur la chaise de Vincent, en italien); Populusque, de Pietro de Tilla et Carlo Matteo Golla sur des personnes en costume de centurions romains (texte de Sergio Giusti en italien); une réédition (préfacée par Italo Zannier) d’un livre de 1903 sur les tatouages de criminels (classés par thème : religieux, de vendetta, politiques, érotiques et obscènes, affectifs, contre le mauvais sort, animaliers) avec 42 photographies étonnantes et des textes en italien de Emanuele Mirabella et du fameux Cesare Lombroso; Miss Q Lee de Jacopo Benassi sur un trans; et le catalogue d’une exposition d’une centaine de portraits non conventionnels de 27 photographes italiens, dont Nino Migliori (né en 1926), Guido Guidi, Mario Cresci, Paolo Gioli (Sconosciuti), Fabio Sandri, jusqu’à Fabrizio Bellomo (le plus jeune, né en 1982; des dessins composites au stylo-bille), avec un texte en italien de Roberto Maggiori. Livres reçus en service de presse.

Et enfin, plusieurs livres de photographie publiés par l’Espace Jhannia Castro à Porto : l’Espagnole Ampara Garrido photographie Tiergarten, un jardin romantique au fil des saisons; Juan Rodriguez, dans Nowhere, propose des photos de voyage souvent incertaines et mystérieuses; Igor Sterpin, qui vit à Porto, montre des paysages brumeux, des détails ambigus, des ombres envahissantes; les vues nocturnes de Paris d’Andréas Lang sont très hugoliennes; et les sombres photographies de prostituées philippines de Guy Monnet s’efforcent de redonner une dignité à ces femmes, sans voyeurisme (textes d’Elvira Lindo et de Maité Leal). Livres reçus en service de presse.

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