Alicia Penalba (ma première sculptrice)

Alicia Penalba, Scherzando, 1974/75, bronze, 58x52x54cm, galerie A&R Fleury, catalogue p. 80-81, photo de l’auteur

en espagnol

La première fois que, vers l’âge de dix ans peut-être, je réalisais avec un certain étonnement qu’un artiste pouvait être une artiste, ce fut devant une sculpture de l’Argentine Alicia Penalba au Musée de Saint-Étienne (sans doute que ni Bourgeois, ni Richier, ni Hepworth n’étaient encore arrivées dans ma ville …). Il y avait bien une sculpture d’elle dans la récente exposition à Pompidou sur les femmes et l’abstraction, mais cette artiste qui, arrivée à Paris à 35 ans, y vécut jusqu’à son décès en 1982, est fort peu connue ici ; après plusieurs expositions dans des galeries françaises de son vivant, dont Claude Bernard dès 1960, elle n’eut que deux expositions personnelles muséales à Paris, l’une au MAMVP en 1977 et l’autre, posthume, en 1988, déjà à la Maison de l’Amérique Latine. Aujourd’hui, une double exposition, à la galerie A&R Fleury (jusqu’au 30 octobre) et à la Maison de l’Amérique Latine (jusqu’au 15 décembre), y remédie partiellement en présentant 35 sculptures en bronze (et quelques beaux dessins), tous provenant du stock de la galerie.

Alicia Penalba, Ancêtre papillon, 1955/59, bronze, 74.5x30x26cm, Maison de l’Amérique Latine, catalogue p. 102-103

Ses sculptures sont reconnaissables au premier coup d’oeil : des totems verticaux, qui, au fil du temps s’ouvrent comme les pétales d’une fleur, comme des ailes prenant leur envol, offrant plusieurs perspectives, plusieurs épaisseurs, plusieurs cavités, selon l’angle où on se place pour les regarder. Elles offrent une sensation à la fois compacte et légère, un rythme à la fois souple et heurté. Toutes les sculptures présentées ici sont sur un socle, sauf une, Amants multiples (à la galerie), qui, accrochée au mur, semble y ramper comme un monstrueux scarabée aux multiples carapaces.

Alicia Penalba, Grande étincelle, 1957-59/60, bronze sur socle en pierre sculptée, 110x57x55cm, Maison de l’Amérique latine, catalogue p.110-111, photo de l’auteur

Un des plus beaux exemples de l’équilibre de formes auquel elle parvint est cette Grande étincelle dans le jardin de la Maison de l’Amérique Latine. Sur un socle massif en pierre qui semble lui-même faire écho aux formes en bronze, cette sculpture, composée de deux éléments complémentaires qui se referment comme une mâchoire ou une fleur carnivore, pivote et joue ainsi avec les reflets de lumière. Catalogue abondamment illustré, avec un texte de Victoria Giraudo contant le parcours de l’artiste avec moult citations et quelques poncifs (Penalba abandonna le nom de son père, Pérez, « ce qui pourrait même être interprété comme une forme de castration féministe » …); reçu en service de presse.

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