« Saison France Israël »

[MàJ le 9 juin]

en espagnol

Je suis peut-être le critique d’art français ayant le plus écrit sur les artistes contemporains israéliens (juifs) : Micha Ullman, Yael Bartana, Sigalit Landau, Michal Rovner, Ori Gersht, Avner KatzGuy Ben-NerDani KaravanMoshe Gershuni, Miri Segal, Omer FastAïm Deüelle Lüski, Miki Kratsman (dont j’ai même présenté le travail lors d’une conférence en 2012 au Musée d’Art Moderne d’Alger), mais aussi des artistes un peu moins connus (Joseph Dadoune Pavel Wolberg, Guli Silberstein, Nurith AvivLili AlmogHaim MaorShuka Glotman, Gal Weinstein, Yaron Leshem, Igael ShemtovTami Notsani, Maya Zack, …) et bien d’autres, à l’occasion d’expositions ici ou là-bas. Je témoigne beaucoup d’intérêt, et beaucoup de respect pour cette scène artistique, ce qui ne m’empêche pas de garder (comme toujours) un oeil critique, en particulier en démontant certains mythes (ici aussi), et de m’intéresser aussi à la scène artistique palestinienne, de Mona Hatoum à Ahlam Shibli et Taysir Batniji, et à celle du Golan occupé.

Mais je ne vais pas écrire de critiques d’une série d’expositions qui vont avoir lieu cette année dans le cadre d’une « Saison France Israël » (qui, outre les arts plastiques, comprend aussi des manifestations musicales, théâtrales, chorégraphiques, etc.). Cette « Saison » va être inaugurée le 5 juin, Emmanuel Macron invitant (pour la troisième fois en un an) Netanyahou à Paris pour l’occasion. Sous couvert d’événements culturels, cette « Saison » est une manifestation de propagande de la part du gouvernement de l’état d’Israël, tentant par tous les moyens (« greenwashing » écologique, « pinkwashing » homophile, « techwashing » de la « start-up nation », etc.) de faire oublier sa nature violente, belliqueuse et coloniale, et espérant que quelques manifestations culturelles effaceront dans l’esprit des  Français l’évidence que ce gouvernement d’extrême-droite refuse toute solution autre que la colonisation. Au lendemain des tueries de Gaza, l’inauguration de cette « Saison » est une infâmie dont se rendent coupables nos gouvernants, les institutions culturelles et les artistes qui y participent.

De ce fait, je ne rendrai compte d’aucune des manifestations artistiques qui vont se dérouler en France dans le cadre de cette « Saison » dans les lieux suivants : Musée de la Chasse et de la Nature, Centre Pompidou, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Frac Provence Cöte d’Azur (Pascal Neveux récidive..), Fondation Vasarely et quelques autres institutions en PACA (la seule région à avoir accepté de s’enrôler sous cette bannière). Il est regrettable que ces institutions officielles n’aient pas la moindre conscience que leur participation à cette « Saison » sert avant tout de propagande pour le gouvernement d’extrême-droite d’un état criminel. Elles vont se justifier en disant « nous ne faisons pas de politique », « nous montrons aussi des artistes arabes / palestiniens ». Or participer à cette « Saison » est un acte politique, et montrer des artistes arabes n’est en rien une justification : on ne peut mettre sur le même plan oppresseur et opprimé, colonisateur et colonisé.

Je dois avouer une certaine ambiguïté sur la question du boycott culturel, d’autant plus que certains des artistes montrés à Paris (Roee Rosen, Ron Amir) ont, je crois, une position politique plutôt opposée à celle de leurs gouvernants. Je pense avoir amplement démontré que je ne boycotte pas les artistes israéliens, mais j’ai jugé que, comme cet effort concerté utilise l’art à des fins propagandistes, il devait être boycotté. J’irai peut-être voir certaines de ces expositions, mais je n’écrirai pas.

J’invite tous les critiques d’art à refuser d’écrire sur ces manifestations. Et s’ils sont contraints de le faire, qu’au moins ils remettent cette « Saison » dans son contexte, celui d’un effort de propagande visant à dissimuler des crimes.

Par ailleurs, cette « Saison » a aussi un volet en Israël, où trois artistes plasticiens de la scène française vont exposer : Christian Boltanski, Tatiana Trouvé et Loris Gréaud. A l’heure où de nombreux artistes du monde entier refusent de se rendre en Israël pour protester contre la politique de colonisation et les tueries de Gaza, ces trois-là n’ont pas le courage et la dignité d’une Natalie Portman, dernière en date à avoir refusé d’être instrumentalisée par cette propagande. Christian Boltanski, que j’ai contacté, m’a répondu que son exposition Lifetime (qui vient d’ouvrir) était une exposition itinérante (Shanghaï, Tokyo, ..) programmée longtemps à l’avance et que c’était un hasard qu’elle soit présentée à Jérusalem au moment de cette « Saison » (il a aussi utilisé l’argument classique « j’ai aussi des projets avec des Palestiniens »); en somme, il a accepté d’être instrumentalisé au service de cette propagande, même s’il n’a pas été moteur. Tatiana Trouvé, dont l’exposition commence le 7 juin, n’a pas daigné me répondre. Quant à Loris Gréaud (au Musée de Tel-Aviv en octobre), contacté le 23 mai, il a promis de me répondre, et je citerai sa réponse ici quand il l’aura fait.

Autant je pense que le fait d’écrire à Macron ne sert pas à grand’chose (mais voici quelques artistes français qui l’ont fait, et quelques Israéliens) et écrire aux musées non plus, autant on peut espérer que des hommes et femmes respectables comme Boltanski, Trouvé et Gréaud, ayant montré en d’autres occasions qu’ils étaient porteurs de valeurs humaines de dignité et de justice, puissent être sensibles à une opinion publique leur demandant de ne pas participer à cet effort honteux de propagande, et se resaississent

J’invite donc tous les amateurs d’art à leur écrire pour leur demander d’annuler leur participation. Je ne peux vous donner leurs adresses mail personnelles, mais ils sont joignables via Facebook, leur galerie, ou leur site, respectivement.

[Mise à jour : plusieurs milliers de lecteurs de ce billet, plusieurs dizaines de réactions positives, et quelques ajouts :
En France:
Bernard Plossu a décidé d’annuler sa participation à une exposition faisant partie de cette « Saison » à laNonMaison.
– L’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne organise un colloque en France et en Israël sous l’égide de la « Saison ». Si vous voulez contacter les intervenants pour les dissuader de participer à cette « Saison », les adresses mail des universitaires français sont en général sur le site de leur université.

En Israël :
– le couple Lemaître, collectionneur de vidéos, va montrer sa collection au Musée d’Herzliya. Deux artistes de la scène française ne souhaitent peut-être pas être associés à cette propagande : écrivez-leur pour les convaincre. Clément Cogitore sur son site, et Anri Sala via sa galerie
– 
Laurent Montaron doit exposer au CCA de Tel-Aviv : convainquez-le aussi de se retirer de cette saison propagandiste en écrivant à sa galerie.]

Partagez ce billet. Les commentaires seront évidemment modérés pour éviter les insultes prévisibles.

Publicités

Robert Capa au service des mythes fondateurs de l’état d’Israël

Robert Capa, Haifa. 1949-50. Woman carrying luggage accompanied by a small boy.

Robert Capa, Haifa. 1949-50. Woman carrying luggage accompanied by a small boy.

en espagnol

en anglais

Depuis un an, aux États-Unis, un critique assez fameux, AD Coleman, a analysé et déconstruit les fameuses photographies de Robert Capa lors du débarquement en Normandie. Ce fut d’abord une enquête technique très factuelle : temps passé sur la plage, nombre de pellicules et de photos prises, démonstration de l’invraisemblance de la version expliquant la disparition de la majorité des photos par la surchauffe, tous points qui semblent maintenant indiscutables. Son analyse, et celle des Français qui l’ont relayée, a porté ensuite sur la construction postérieure du mythe Capa, et il semble qu’il n’y ait rien à en redire, excepté peut-être déplorer une agressivité du propos parfois quelque peu excessive selon les (mes) règles de la bienséance. Cette remarquable déconstruction a permis de questionner davantage le mythe Capa, déjà mis à mal par les doutes sur la fameuse photo espagnole. Cela ne remet pas en cause le talent de Capa et sa contribution au photojournalisme, mais renforce les doutes sur le personnage et la construction de son mythe.

Robert Capa, Tel Aviv, the seafront promenade. 1948

Robert Capa, Tel Aviv, the seafront promenade. 1948

Mais, en somme, dans ces débats, il s’agissait là de sujets certes chers à la communauté des historiens et critiques de la photographie et de la culture visuelle, touchant à la technique et à la construction du mythe, mais dépourvus de dimension politique. Je me suis donc étonné qu’une autre facette du travail de Capa n’ait pas du tout intéressé ces critiques en recherche de vérité, si prompts à déconstruire certains mythes et à questionner certaines évidences, mais apparemment moins enclins à s’aventurer sur un terrain politique sans doute plus dangereux et à y affronter des mythes autrement plus puissants.

Robert Capa, Haifa. After arriving in Israel, immigrants are sent to reception camps, until housing is found for them.

Robert Capa, Haifa. After arriving in Israel, immigrants are sent to reception camps, until housing is found for them.

Entre 1948 et 1950 Capa se rend en Palestine/Israël, où il va couvrir la proclamation de l’indépendance d’Israël (Ben Gurion attendit qu’il soit là et prêt à photographier avant de commencer son discours historique), la guerre et l’épuration ethnique des Palestiniens du nouveau territoire de l’État hébreu, et la construction de cet état. Va-t-il le faire en journaliste objectif, rendant compte de la manière la plus neutre  possible des faits, des combats, des expulsions ? Va-t-il travailler selon les règles généralement admises du photojournalisme (comme celles de Magnum, dont il est la même année un des fondateurs) ? Va-t-il questionner les informations qui lui sont fournies par la partie qui l’accueille, va-t-il s’efforcer de tenir compte aussi des vues de l’autre partie ? Va-t-il exercer un esprit critique envers ceux qui l’assistent et l’encadrent, ou bien (comme, dès le début du photojournalisme, les Fenton et les Beato) se contenter de relayer une seule vision du conflit ? Va-t-il, en un mot, travailler comme journaliste ou bien comme propagandiste ?

Robert Capa, Newly arrived immigrants learning to write Hebrew.

Robert Capa, Newly arrived immigrants learning to write Hebrew.

C’est sans doute un sujet difficile à aborder quand on sait le poids du discours adverse, ses lobbies, ses relais au plus haut niveau de nos états ; quiconque va oser s’y affronter risque de faire des vagues, qui vont l’obliger, tactique bien éprouvée, à se défendre de la sempiternelle accusation d’antisémitisme, constamment vociférée dès qu’on touche à ces mythes ( et qui va probablement surgir aussi dans les commentaires de ce billet…), et qui peuvent dès lors nuire à sa carrière. À ma connaissance, seuls deux universitaires américains, Andrew L. Mendelson et C. Zoe Smith, tous deux professeurs de journalisme (lui alors à Temple U., elle à la Missouri School) et non d’histoire de la photographie ou d’études visuelles (ceci explique peut-être cela) ont eu ce courage (dans un article de la revue Journalism Studies de 2006, suite à une première présentation à un colloque universitaire en 2002) ; à ma connaissance, depuis 9 ou 13 ans, nul jusqu’ici n’a repris leurs analyses en France (alors qu’on a été fort prompt à y reprendre celles de Coleman) ; à ma connaissance, seuls quelques universitaires israéliens ont eu le courage de s’en faire l’écho (mais la détermination des disciples d’Ilan Pappé et d’Ariella Azoulay face à l’idéologie dominante dans leur pays n’est plus à démontrer).

Robert Capa, The Altalena burning, Tel Aviv, June 22, 1948

Robert Capa, The Altalena burning, Tel Aviv, June 22, 1948

Que disent Smith et Mendelson ? Ils rappellent d’abord quelques principes évidents de l’éthique journalistique, impartialité, objectivité, neutralité (dès 1936 : « la photographie de presse doit se garder de toute forme d’opinion biaisée », James C. Kinkaid), en ajoutant qu’il est important de toujours prendre en compte la position (« social location ») du photographe par rapport à ses sujets, et que l’apparence objective de la photographie la rend en fait particulièrement efficace pour diffuser et renforcer des mythes. Ils ont conduit leurs analyses à partir des publications de Capa dans des magazines et des livres entre 1948 et 1951, sans prendre en compte dans cette analyse sémiotique le film ouvertement propagandiste « The Journey » que Capa réalisa en 1950 pour l’organisation sioniste The New York United Jewish Appel, considérant à juste titre que, si ce film était révélateur des positions de Capa, il n’entrait pas dans la catégorie du travail journalistique (ils n’ont par contre pas travaillé sur les archives israéliennes, qui fourniraient sûrement des informations intéressantes). Ils racontent ensuite brièvement la vie de Capa, notant au passage que, dans les années 30, Endre Erno Friedmann changea son nom en Robert Capa (un nom aussi peu identitaire que possible) entre autres pour dissimuler ses origines juives, mais que, après la guerre, il embrassa chaleureusement la cause du sionisme, et choisit de partir en Palestine/Israël à ses frais, sans contrat. Notons au passage qu’il fut blessé le 22 juin 1948 (sauf erreur, la seule fois de sa vie, avant sa mort en Indochine) à la cuisse, non par une balle arabe, mais lors des combats de l’Altalena entre la milice terroriste Irgun de Menahem Begin et l’armée régulière israélienne (photo ci-dessus). Ils rappellent aussi qu’un autre fondateur de Magnum, George Rodger, était présent dans la région, mais du côté arabe (il parlait arabe) : contrairement à Capa, Rodger eut le plus grand mal à publier ses photos des expulsions des Palestiniens et des destructions de villages, que seul un magazine allemand accepta, « les éditeurs des magazines américains étant presque tous juifs » explique-t-il dans le livre historique de Russell Miller sur Magnum (1999). Capa critiqua Rodger pour son manque d’objectivité : d’après Carole Naggar, biographe de Rodger, Capa déclara « Rodger a pris parti, ce qu’un journaliste ne doit jamais faire ». Ironie et/ou mauvaise foi…

Robert Capa, Jerusalem. June 9th, 1948. A member of the Israeli government forces, the Haganah, in a building surrounding the old city, held by the Arabs.

Robert Capa, Jerusalem. June 9th, 1948. A member of the Israeli government forces, the Haganah, in a building surrounding the old city, held by the Arabs.

Après cette mise en contexte, Mendelson et Smith exposent la manière dont la création de l’état d’Israël a été basée sur la construction d’un récit mythique qui devait être présenté comme une histoire objective, à partir de trois mythes principaux (qui sont d’ailleurs toujours utilisés aujourd’hui dans la propagande sioniste), et ils analysent de manière très détaillée la manière dont les photographies de Capa ont soutenu et renforcé ces mythes. Premier mythe : Israël est un défenseur de la civilisation (occidentale, bien sûr), les Arabes sont des attaquants non civilisés. Cette fiction néo-colonialiste est bien connue et toujours active. Dans les photographies de Capa, il n’y a pratiquement pas d’Arabes (ils représentaient quand même la majorité de la population), les rares spécimens (seuls quatre identifiés apparemment) montrés sont défaits, prisonniers, blessés, vus de loin, stéréotypés. Les seuls Arabes qui, photographiquement, sont traités comme les Juifs (portraits « nobles ») sont des Druzes de Galilée, qui se battaient aux côtés des Juifs. Aucun village arabe détruit ou vidé de ses habitants n’est photographié, aucune victime des massacres ou des viols, aucun signe de l’épuration ethnique en cours.

Robert Capa, Near Jerusalem. 1949. A French Jewish immigrant planting a vineyard.

Robert Capa, Near Jerusalem. 1949. A French Jewish immigrant planting a vineyard.

Second mythe : le Sabra, pionnier et soldat héroïque. Là aussi, le mythe de l’homme nouveau est bien connu, même si aujourd’hui, le mythe s’est plutôt réorienté vers la haute technologie ou la tolérance envers l’homosexualité (« pinkwashing »). Les photographies de Capa montrent à loisir ces « héros », le soldat souriant, les travailleurs déterminés, le travail en équipe, la joie de vivre, tout ce qui peut renforcer l’image du Sabra aux antipodes du Juif de ghetto. Beaucoup de ces photographies sont en légère contre-plongée, renforçant l’idée de force et de noblesse.

Robert Capa, Galilee. Roadbuilding.

Robert Capa, Galilee. Roadbuilding.

Troisième mythe : la Terre Promise. Encore une fois, la récupération des récits bibliques au service de l’idéologie sioniste est bien connue, le récit du peuple sans terre sur une terre sans peuple, le retour du peuple diasporique (il faudra attendre Shlomo Sand pour commencer à déconstruire ce mythe-ci), et le droit inaliénable à la terre des « ancêtres ». Les photographies de Capa (et ses légendes) ne cessent de mettre l’accent sur ce lien avec la Terre Promise, renforçant ce mythe du retour et mettant en scène la réappropriation de la terre.

Robert Capa, Shaar Aliya. 1950. Experimental planting near Red Sea to test productivity in arid soil.

Robert Capa, Shaar Aliya. 1950.
Experimental planting near Red Sea to test productivity in arid soil.

En conclusion, il est évident pour les auteurs que le travail de Capa a contribué à légitimer la création de l’état d’Israël et à délégitimer ses opposants, et en premier lieu les habitants palestiniens chassés de leur terre. Ses photographies insufflent ainsi de la vie à des concepts abstraits, et elles orientent le regardeur vers la conclusion indiscutable que la création d’Israël était inscrite dans l’histoire et devait arriver. Sa promotion des mythes fondateurs de l’état s’inscrit parfaitement dans le discours constant de propagande (« hasbara ») encore en vigueur aujourd’hui.

Robert Capa, Haifa. 1949. Upon their arrival, immigrants are placed in reception camps, until housing is found for them.

Robert Capa, Haifa. 1949. Upon their arrival, immigrants are placed in reception camps, until housing is found for them.

Cette analyse de ces deux auteurs permet de relativiser grandement la prétendue objectivité journalistique, elle montre surtout comment les regardeurs peuvent être « manipulés » par les photojournalistes (et aussi les éditeurs, sujet peu abordé dans cette étude) et, accessoirement, elle met encore un peu plus à mal le mythe Capa, après l’Espagne et Omaha Beach. Mais surtout, son peu de retentissement malgré sa pertinence montre à quel point ceux qui devraient être nos décodeurs, nos guides, historiens d’art, spécialistes d’études visuelles, chercheurs en journalisme, ont du mal (ou de la réticence) à s’attaquer à certains mythes du discours dominant (mais pas à d’autres). Hélas…

Toutes les photos proviennent du site de Magnum : © Robert Capa © International Center of Photography/Magnum Photos